Bienvenue

L'affiche nous intéresse : média simple, direct, léger, officiel ou sauvage, signé ou anonyme, durable ou éphémère, elle couvre et recouvre les murs des villes, et ouvre de singuliers espaces d'expression, du moins dans sa version artistique. L'affiche nous intrigue : nous allons tenter d'en observer certaines de plus près, créées et collées dans le cadre d'opérations artistiques, activistes, ou artivistes. L'affiche nous interroge : nous allons tenter d'ouvrir les questions qu'elle nous semble poser à la ville et à ceux qui y vivent. 

Ce projet est développé par les étudiants et les intervenants du Master Projets Culturels dans l'Espace Public (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Pour en savoir plus sur : l'
Observatoire, sur le Master

La première étude de cet Observatoire concerne les 1500 affiches de Michel Quarez collées fin septembre 2009 entre Bobigny et Paris, sur les rives du Canal de l'Ourcq et du Canal Saint Martin. Elle est menée par les étudiants de la cinquième promotion du Master, sous la direction d'Anne Gonon et P. Le Brun-Cordier. Pour en savoir plus sur : le canal de l'Ourcq et le Canal Saint Martin ; le projet
Quarez ; à compléter. 

Pascal Le Brun-Cordier
Professeur associé, directeur du Master
Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 16:57

De la navigation de commerce à la navigation de plaisance.

Le canal de l’Ourcq, le canal Saint-Martin, le bassin de la Villette et le canal Saint-Denis constituent le réseau des canaux parisiens, long de 110 km et comportant 10 écluses, offrant un patrimoine technique et historique riche et fondu dans un environnement varié.

L'histoire du canal n'est pas si vieille. Elle commence en 1802 alors que Napoléon Bonaparte décide de créer un canal reliant la rivière Ourcq à Paris pour tenter de résoudre les graves problèmes d'alimentation en eau que subit la capitale à cette époque. Cette rivière permettait d’alimenter Paris en bois de chauffage et de construction depuis le XVIème siècle. Avant Napoléon, plusieurs projets de dérivation de la rivière avaient déjà été étudiés sans suites concrètes.

La construction du canal

Une fois le décret du 19 mai 1802 signé, les études pour le tracé du canal débutèrent rapidement. Cette construction, financée par une taxe sur le vin et sur le produit de l'octroi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Octroi), se fera sous les ordres de Monsieur Girard, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées. Le projet initial soumis en 1804 est multiple : le but est d'alimenter la ville en eau potable et de construire des voies navigables afin d'éviter la dangereuse traversée de Paris par la Seine pour les bateaux. Réalisé aux deux tiers lors de la chute définitive du Premier Empire, le canal de l’Ourcq n'a été achevé qu'en 1821 par la compagnie Vassal et Saint-Didier, qui se voit confier par le gouvernement de la Restauration la concession du canal en 1818 : elle devra terminer les travaux, l’entretenir et l’exploiter pendant 99 ans.

En 1825, le canal Saint-Martin est achevé.  Les canaux de l’Ourcq, Saint Denis et Saint-Martin joints par le bassin de la Villette forment désormais un seul réseau.

Mutations sociales

En un demi-siècle, le quartier devint l'un des plus peuplés de Paris. Deux ports principaux furent aménagés : l'Arsenal et le bassin de la Villette. Profitant d'une population « bon marché » qui arrivait de la campagne, les industriels aménagèrent, le long des quais, des centaines d'ateliers. Les « folies », petites maisons basses, étaient rachetées par des fondeurs, des menuisiers, des verriers qui, dans les jardins, élevaient des hangars en bois. Les ouvriers étaient logés le plus souvent sous les toits des usines, dans des conditions difficiles.

Evolution et mutations du canal

A partir de 1860, les abattoirs s'implantent à la Villette et de nouvelles fortifications voient le jour. La Villette devient l'un des principaux ports français. En 1876, la ville de Paris rachète les parties du réseau non encore concédées ; dès lors une remise en état totale du canal est amorcée. La concurrence du transport routier et ferroviaire mettra néanmoins à mal le transport fluvial dès les années 1960, causant une chute du trafic sur les canaux parisiens et, par conséquent, une disparition des usines, entrepôts et ateliers, ainsi que de la population ouvrière riveraine.
La navigation de plaisance remplacera l'ancien trafic à partir de 1983.

Des projets...

Au début des années 1970, le Conseil de Paris voulut adopter un projet d'autoroute urbaine à quatre voies devant emprunter son tracé. Ce projet fut heureusement vite abandonné. Aujourd’hui, la création d’un nouveau port est envisagée à Bobigny pour l’évacuation des déchets valorisés par le futur centre de traitement des déchets de Romainville. Cette construction s’inscrit dans le projet de la ZAC Ecocité-Canal de l’Ourcq. (http://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=656)

 

Pour en savoir plus sur l’histoire du canal : un parcours pédestre débute au Parc de la Villette pour se terminer au parc de la Bergère à Bobigny ; 20 bornes d’informations le jalonnent.

 

Lucie Lemaitre

Charlotte Rougier

 

Sources:

http://www.aufildel ourcq.org/ index.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/

http://www.la-seine-et-marne.com/histoire/canal-de-ourcq.html

http://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=453

http://www.paris.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 16:54

Traversant l’Ile-de-France jusqu’à la Picardie, le canal de l’Ourcq parcours 108 Km. Il suit dans un premier temps le cours de l'Ourcq, avant de s'en séparer à Mareuil-sur-Ourcq pour rejoindre directement Paris-La Villette. Le canal de l’Ourcq appartient à un réseau de canaux situés à Paris et aux alentours, qui s'étend sur 130 km de voies d'eau (5 départements : Paris, l'Aisne, l'Oise, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis et 2 régions : l'Île-de-France et la Picardie).

Les voies suivantes font partie du réseau :

- Canal Saint-Martin (4,55 km) : Situé entièrement dans les 10ème et 11ème arrondissements de Paris, il relie le bassin de la Villette au bassin de l'Arsenal qui communique avec la Seine. C'est un canal de petit gabarit dédié à l'origine à l'adduction d'eau potable dans la capitale. Inauguré en 1825, il comporte neuf écluses et deux ponts tournants pour une dénivellation totale de 25 m. Ce site est desservi par les stations de métro : République, Goncourt et Jaurès.

L'entrée du canal est constituée par la double écluse de la Villette située place de la Bataille-de-Stalingrad, près de la rotonde de la Villette. Dans sa partie à ciel ouvert, il est bordé par les quais de Valmy et de Jemmapes, au bord duquel se trouve le fameux hôtel du Nord. Le canal Saint-Martin est ensuite couvert à partir du boulevard Jules-Ferry. Il passe ensuite sous le boulevard Richard-Lenoir, et enfin sous la place de la Bastille pour s'ouvrir sur le port de l'Arsenal. (carte)

- Canal de l’Ourcq : il suit dans un premier temps le cours de l'Ourcq, avant de s'en séparer à Mareuil-sur-Ourcq pour rejoindre directement Paris-La Villette. La rivière Ourcq prend sa source dans le département de l'Aisne. À partir du petit village de Silly-la-Poterie, commence la partie canalisée de la rivière qui suit une large vallée et se jette dans la Marne, à Mary-sur-Marne, après un cours d'environ 87 km. Les travaux de canalisation ont détourné la rivière à partir de Mareuil. La majeure partie de son eau se dirige alors vers Paris par un canal en site propre, le canal de l'Ourcq proprement dit, d'une longueur de 96,6 km. Il comporte six écluses pour une dénivellation totale de 9 m. En entrant dans Paris le canal passe sous le pont levant de la rue de Crimée pour s'élargir dans la grande gare d'eau de la Villette. Il alimente alors le canal Saint-Martin et le canal Saint-Denis. (carte de Paris jusqu’à Sevran et  carte de Sevran jusqu’à Claye-Souilly)

- Bassin de la Villette : c’est le plus grand plan d'eau artificiel de Paris. Rectangulaire, d'une longueur de 800 mètres pour 70 de large, il s'ouvre par le pont de la rue de Crimée et se termine avec la place de Stalingrad où se situe la rotonde de la Villette. Situé dans le 19ème arrondissement de la capitale, il relie le canal de l'Ourcq au canal Saint-Martin et se compose de deux bassins : le bassin de la Villette long de 699 mètres et large de 70 mètre et un second bassin élargi auquel on donne souvent, prématurément, le nom de « canal de l'Ourcq », long de 30m de large et 730 m de long. C'est un pont-levant de 85 t, construit en 1885, qui partage les deux bassins. (carte)

- Port de l’arsenal : Construit à l'emplacement de l'ancien fossé de la Bastille, ce port de plaisance relie le canal Saint-Martin à la Seine, entre le quai de la Rapée et la place de la Bastille. (carte) ­

- Canal Saint-Denis : long de 6,6 km et large de 70 mètres (variant de 30 à 140 mètres), il relie la Gare circulaire du Canal de l'Ourcq (près du parc de la Villette) à Paris, à la Seine devant l’île Saint-Denis en traversant une partie du 19ème arrondissement de Paris et les communes d'Aubervilliers et Saint-Denis, c'est-à-dire la Plaine Saint-Denis. (carte de la séparation entre le canal de l’Ourcq et le canal Saint-Denis)

La carte du réseau fluvial de Paris est disponible en cliquant ici.

Le canal de l’Ourcq part d’une zone rurale vallonnée où la vue est ouverte dans la plaine de Meaux et termine son cheminement dans un contexte urbain très fort et très présent qui fait disparaître la voie d'eau. Le canal donne alors un échantillon de la graduation de la densité urbaine de la métropole parisienne.

Lucie Piard


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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 16:10

Construits au XIXème siècle, les canaux Saint-Martin et Ourcq ont participé au développement industriel de Paris. Principalement le fait d’une activité édificatrice de qualité à partir 1875, ils s’illustrent par des réalisations d’équipements et d’ensemble urbain témoignant du souci de contribuer à l’esthétique de la ville industrielle tout en répondant au contraintes de fonctionnement de l’ouvrage. Au cours du XXème siècle, la désindustrialisation provoque l’abandon de ce territoire. Se pose alors la question de la valorisation de cette voie d’eau et de ses abords. Dans ce cadre que pouvons-nous désigner comme patrimoine et quel sens cela peut-il revêtir sur un périmètre aussi éclectique ? A partir d’une simple définition, le cadre de la question patrimoniale peut être posé :

« Le patrimoine est l'héritage commun d'un groupe ou d'une collectivité http://www.toupie.org/Dictionnaire/Collectivite.htm qui est transmis aux générations suivantes. Il peut être de nature très diverse : culture, histoire, langue, système de valeurs, monuments, œuvres artistiques...[1] » A ce titre, le canal peut être considéré comme élément patrimonial du fait de l’histoire qui lui est liée mais aussi d’un point de vue esthétique. Quels sont dès lors les outils qui permettent de préserver ce patrimoine et dans quelle logique cette préservation peut-elle s’effectuer ?

De manière générale aucune mesure de sauvegarde ne s’applique à l’ensemble du canal. La protection patrimoniale mise en œuvre est restreinte à des éléments précis. Illustrant le passé portuaire et industriel, ceux-ci participent à la construction d’une image pittoresque associée au canal.

Le canal Saint Martin : Paris, protégé et sauvegardé

Un patrimoine à caractère romantique 

Dans sa partie urbaine, le canal Saint-Martin est bordé de platanes et de marronniers centenaires, surplombé de passerelles et de ponts métalliques et rythmé d’écluses. « Les premières passerelles ont été édifiées vers 1860, suivies de trois passerelles métalliques vers 1890 et neuf écluses furent reconstruites vers 1870»[2]. Nécessaires au fonctionnement du canal, ces ouvrages d’art sont classés monuments historiques[3] depuis 1993. Ils confèrent au canal une atmosphère particulièrement romantique.

Lorsque le canal quitte Paris et devient canal de l’Ourcq, le paysage évolue radicalement. L’ambiance bucolique précédemment décrite laisse place à un paysage industriel. Le gabarit du canal s’élargit et se coupe de la ville. Toutefois, certains bâtiments, sur les bords du canal, se distinguent par leurs qualités architecturales et patrimoniales. Évoquant les traces d’un passé industriel les moulins de Pantins, sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques depuis 1987[1]. Ceux-ci sont reconnus patrimoine industriel au titre de leur  « témoignage des activités qui ont eu et qui ont encore des conséquences historiques profondes. Les raisons de protéger le patrimoine industriel sont fondées sur la valeur universelle de cette trace plutôt que sur la singularité de sites exceptionnels. »[2]

Espace fragmenté aux visages multiples, la patrimonialisation du canal est donc avant tout un phénomène lié à son fonctionnement et à ses usages passé.
 

Bibliographie

Canal de l'Ourcq, canal Saint-Denis, canal Saint-Martin. Problématique et état des lieux. Dominique Touche et André-Marie Bourlon, APUR, 2002.

Canal de l'Ourcq, canal Saint-Denis, canal Saint-Martin. Le paysage des canaux. Dominique Touche, APUR, 2003.  

Le canal Saint-Martin. Rémi Koltirine, Paris villages, n°  25, avr.-mai 2008, pp 12-31

 

 

 

Webographie :

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Patrimoine.htm : définition patrimoine

http://fr.wikipedia.org/wiki/Monument_historique_(France) : article sur les monuments historiques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grands_Moulins_de_Pantin : article sur les grands moulins de Pantin

http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_de_l'Ourcq : article sur le canal de l’Ourcq

http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_Saint_Martin : article sur le canal Saint-Martin

http://www.international.icomos.org/18thapril/2006/nizhny-tagil-charter-f.pdf: définition patrimoine industriel

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr : fiche de classement patrimoniale du canal Saint-Martin

http://www.paris.fr : site officiel de la mairie de Paris

http://fr.structurae.de/photos/index.cfm?JS=124457 : galerie et base de données internationale d’ouvrages d’art

http://www.paperblog.fr/1658392/le-pont-de-la-grange-aux-belles/ : article sur le pont de la grange aux belles

http://projetbabel.org/fluvial/rica_saint-martin-canal.htm : article sur le canal Saint-Martin

 


 [1] http://www.toupie.org/Dictionnaire/Patrimoine.htm

[2] Extrait de la fiche de classement patrimoniale de la base Mérimée.
[3] « Un monument historique est, en France, un monument ou un objet qui a été classé ou inscrit comme tel afin de le protéger, du fait de son intérêt historique, artistique et architectural. »  

[4] Fiche des Grands Moulins de Pantin sur la base Mérimée.

[5] http://www.international.icomos.org/18thapril/2006/nizhny-tagil-charter-f.pdf

Nancy Roquet et Mélissa Makni


 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 16:07

Mobilité : [Correspond à mobile] Caractère de ce qui peut être déplacé ou de ce qui se déplace par rapport à un lieu, à une position.

Plusieurs flux de circulation sont adjacents au canal de l’Ourcq. Certains sont proches (ligne du métro 5), évidents (la piste cyclable), d’autres en retrait par rapport à cet axe fluvial et parfois le canal devine à peine si l’on se trouve sur l’un de ces axes.

Parcourir le canal de l’Ourcq peut se faire de deux façon très simples : à pied et à vélo via la piste cyclable qui longe la voie d’eau sur quasiment tout son parcours. Cette voie de circulation douce fait 16 km, en Seine-Saint-Denis. Le site du tourisme 93 propose deux sections : une partie urbaine de Paris à Bobigny (itinéraire 1) et une partie champêtre de Sevran à Claye-Soully (itinéraire 2).  L’association Vivre à Vélo en Ville a rédigé un rapport très complet sur les usages de cette piste cyclable, consultable ici. La piste cyclable donne une vision très proche du canal.

En s’éloignant de la largeur de cette bande d’eau, plusieurs lignes de transports coupent le canal à plusieurs reprises où la ligne d’eau semble disparaître. Depuis Paris, on peut compter des franchissements routiers (périphérique, A86). La nationale 3, est en parallèle du canal, jusqu’au niveau de Bondy puis s’en éloigne. Sur une photo aérienne, dans le secteur du parc de la bergère, à Bobigny, les rails du train s’élargissent avant et après la traversée du canal, trajet prévu de la tangentielle Nord (projet Tangentielle Nord). Près de Bondy, un croisement autoroutier coupe encore le canal.

En Seine-et-Marne (à Lizy-sur-Ourcq,  Claye-Souilly et Annet-sur-Marne), le canal est à nouveau franchi par un ouvrage imposant : la ligne du tgv Est (des informations en cliquant ici).

Autant de modes de transport qui, par leur vitesse et leurs franchissements au-dessus du canal, rendent celui-ci presque invisible dans son territoire. Le canal, contrairement à la vitesse du cycliste, est vu par quelques fenêtres.

Un reportage réalisé par France 3 donne un aperçu d’une balade fluviale sur l’Ourcq : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/PAC9508060465/tourisme-fluvial-sur-l-ourcq.fr.html

Du point de vue de l’analyse du territoire, la mobilité présente des caractéristiques intéressantes. En effet, l’étude de la mobilité à l’échelle des communes fait déjà l’objet d’un « plan communal de mobilité » (PCM). Cet outil communal de planification et d’aide à la décision indique trois objectifs : améliorer la mobilité et l’accessibilité, améliorer la sécurité routière et garantir la qualité de vie. Son contenu dépasse ainsi largement la simple régulation du trafic automobile. Il propose une vision globale et multimodale des déplacements actuels et futurs dans la commune, en cohérence avec le cadre territorial.

Le plan de mobilité s’articule autour des trois différentes phases :

-       Phase 1 : description et analyse de l’organisation actuelle des déplacements au sein de l’entité, (habitudes) définition des causes des différents problèmes rencontrés. (diagnostic pour les modes de transport doux, pour les transports en commun, les véhicules particuliers, le stationnement et le transport de marchandises).

-       Phase 2 : définition des objectifs d’amélioration à atteindre en termes de déplacement et de qualité du cadre de vie pour garantir le développement durable de son territoire. Les objectifs sont définis à deux niveaux : des objectifs globaux, qui sont autant de grands principes à adopter en terme d’aménagement du territoire et des déplacements (par exemple assurer le fonctionnement du réseau routier, améliorer le fonctionnement du réseau de transports en commun, etc.) et des objectifs particuliers, qui résultent de la spatialisation des objectifs globaux afin de répondre efficacement aux problématiques observées lors du diagnostic.

-       Phase 3 : propositions de mesures concrètes pour atteindre les objectifs déterminés. Ces solutions sont proposées pour remédier aux problèmes constatés.

 

Ce modèle sur le mode analyse/mise en action pourrait être utile à l’échelle du territoire du canal de l’Ourcq, tant son paysage a évolué ces dernières années que dans l’optique du Grand Paris…

 

Lucie Piard, Marina Bourdais

 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:36

Une grande artère de transit industriel et commercial

La création d'une grande artère fluviale au début du XIXème siècle, constituée du canal de l'Ourcq, des bassins de la Villette et du canal Saint Martin,  a pour vocation première (avec l'alimentation en eau potable) l'acheminement des produits et matières premières en provenance du nord-est. Bois, plâtres, céréales, charbon « affluaient vers la capitale qui était le centre d’approvisionnement de la France entière et de l’étranger »[1]. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, l'essor industriel de Paris et sa banlieue obligent à l'organisation d'un système productif à grande échelle. Canal de l’Ourcq et bassin de La Villette sont élargis et approfondis, écluses, entrepôts, magasins, usines de manufactures sont implantés tout au long de l’axe fluvial, lui conférant un statut d’acteur majeur dans l’activité économique de la capitale jusqu’au début du XIXème siècle.

Désindustrialisation progressive et diversification des activités.

Dès les années 1920, la désindustrialisation progressive de la région réduit le fret de marchandises à « l'acheminement des matériaux de construction destinés au secteur du bâtiment et des travaux publics de la région parisienne. »[2] Aujourd’hui, ces matériaux représentent 90% des marchandises transitées, et « le trafic continue à suivre, comme par le passé, la fluctuation du secteur du bâtiment et des travaux publics en Région Ile-De-France »[3].

Les baisses d’activités industrielles et commerciales amènent le canal à diversifier ses fonctions, et l’axe fluvial jusqu’alors unitaire devient pluriel.

« Sur le canal Saint-Martin, la navigation de fret reste présente, mais limitée à quelques usages exceptionnels »[4] (grands chantiers). La navigation touristique, autorisée en 1976, prend toute son ampleur en 1983 avec la création du Port de plaisance de Paris Arsenal. Dans les années 1990, les canaux accueillent 80 000 passagers par an. « On peut s'attendre à d'autres développements avec en particulier l'émergence d'une demande de croisières nocturnes. »

(http://www.paris.fr/portail/deplacements/Portal.lut?page_id=8619&document_type_id=5&document_id=4888&portlet_id=20374).

Dès les années 1970, le secteur de la Villette se reconvertit quant à lui en un pôle consacré à la culture scientifique et industrielle, autour du parc de La Villette.
« En 1988, afin de fédérer les différentes opérations chargées d’incarner la transformation de ce bassin industriel en un site dévolu à l’habitat et au loisir, la ZAC du bassin de La Villette a été créée. »

(http://www.paris.fr/portail/Urbanisme/Portal.lut?page_id=6894&document_type_id=4&document_id=15788&portlet_id=15715&multileveldocument_sheet_id=9641 )

Enfin, le canal de l’Ourcq sur Pantin et Bobigny cherche, à l’image du secteur de la Villette, à  relancer une dynamique économique mixte. Les projets de la ZAC Ecocité-Canal de l'Ourcq et la ZAC du Port de Pantin démontrent la volonté d’attirer les secteurs immobiliers et commerciaux, mais aussi et surtout les secteurs tertiaires (la reconversion des Grands Moulins de Pantin en un hôtel d'activités en étant le symbole fort). A Pantin, un port urbain est programmé, destiné autant à l'activité de fret industriel (encombrants et déchets), qu'à la fonction d’immobilier d'entreprise.

http://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=656

http://www.slideshare.net/C.MARCUS/pollutec-seine-saint-denis-2008-presentation

Ce qui était un axe fluvial unitaire de transport de marchandises a développé une pluralité d'activités économiques. Si le canal St Martin s’est spécialisé dans le tourisme fluvial, le canal de l'Ourcq et le bassin de la Villette engagent des dynamiques économiques mixtes articulées au sein de grands projets.

 

Emmanuelle Jolivet, Zoé Déhays



[1] Béatrice De Andia et Simon Texier, Les canaux de Paris, Direction à l’Action Artistique de la Ville de Paris, Paris, 1994, p.126

[2] Marie Babey, Je me souviens du Canal Saint-Martin, éd. Parigramme, Paris, 1996, p.37.

[3] Béatrice De Andia et Simon Texier, op.cit., p195.

[4] Idem.

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:31

Outre ses fonctions utilitaires, le Canal a toujours eu un rôle dans les loisirs et la sociabilité des habitants du voisinage. Quelles activités se déroulent autour du canal ? Existe-t-il des différences de fréquentation selon les zones ? Qui sont les riverains ?

Quelles sont les activités pratiquées sur et le long du canal ?

 

L’aménagement des anciens chemins de halage permet la pratique de la marche, du roller et du vélo. A Bobigny, de nombreuses activités sont proposées toute l'année le long du canal de l'Ourcq, notamment l'été : par exemple les bals flottants, des activités nautiques comme les balades en Zodiac, des compétitions sportives comme L’Ourcq’Athlon. Le Parc Départemental de la Bergère offre de nombreuses activités et services : expositions et animations, aires de jeux pour enfants, etc. C’est aussi un lieu d’événements qui accueille la fête annuelle de la ville de Bobigny, la Biennale de l’Environnement, ainsi que la manifestation Bobigny-sur-Ourcq qui offre au cours de l’été une multitude d’activités gratuites, reliée depuis 2007 au Bassin de la Villette par une navette fluviale dans le cadre de Paris Plage. Les berges du Canal de l'Ourcq sont également un haut lieu du graffiti en région parisienne. Les rives du canal y sont surtout fréquentées en journée par des passants, promeneurs ou sportifs.

La mairie de Pantin quant à elle, publie un journal nommé Canal. Dans le numéro d’octobre 2009, un article[1] intitulé « De nouveaux habitants le long du canal » dit la joie des nouveaux habitants d’avoir pu acheter à un prix raisonnable dans une résidence construite à l’emplacement d'anciens entrepôts, et ce grâce à l’action « les rives du canal », une négociation entre la ville et le promoteur immobilier. Les berges traversant le centre de la ville, où se situe le théâtre au Fil de l'Eau, y sont agréables et fréquentées la journée par des promeneurs, familles, riverains, ou des travailleurs qui viennent y faire leur pause déjeuner...

A Paris, le bassin de la Villette connaît depuis quelques années un véritable renouveau : les quais sont devenus des lieux de promenade, les péniches des lieux de rencontres culturelles, et les entrepôts des cinémas. Le lieu est également prisé par les touristes pour l’activité de croisière. En outre, le canal est un lieu idéal pour s’arrêter dans les nombreux bars, se promener le long de la voie d’eau et profiter des pistes cyclables. L’association « Autour du canal » organise des expositions. Le canal offre donc un cadre à des pratiques très diverses.

Le Canal Saint Martin est très prisé pour les visites touristiques et les loisirs. Il joue un rôle nouveau d’espace festif dont les expressions sont multiformes. Le public du canal St Martín est divers : flâneurs, promeneurs, riders ou cyclistes... La fréquentation bat son plein surtout lorsque des manifestations s’y déroulent. Le théâtre de rue et la musique y ont une place très importante. Les peintres amateurs y sont aussi présents, ainsi que les pêcheurs. Ils participent  tous de l’ambiance du canal. Le pique-nique y est très en vogue. Les « branchés de la nuit » y fréquentent certains cafés et lieux culturels tel le Point Ephémère. Enfin, tous les vendredis soirs, la randonnée rollers offre un spectacle aux occupants des quais. 

On le voit, ces pratiques, collectives ou individuelles, privées ou publiques, ont en commun de bousculer à un moment donné les règles ordinaires d’occupation de l’espace public. Les usagers se réapproprient le canal et confèrent à ce lieu une ambiance festive.[2]

On peut très nettement remarquer un contraste entre les usagers du canal de l’Ourcq et ceux du canal Saint-Martin. Ainsi, le canal est partie prenante de la vie sociale des habitants de ces communes. Mais tous les riverains ne fréquentent pas le canal, et nombre de gens d’autres arrondissements ou communes s’y retrouvent.

Qui sont les riverains du canal selon les zones ?

 

Il est difficile de connaître la composition sociologique des riverains directs du canal. Pourtant il est évident que ces derniers côtoient ces zones de berges, et jouent un rôle dans les différentes « ambiances » et usages que l'on peut rencontrer le long du canal.

On peut noter néanmoins que le canal traverse des quartiers et villes divers, et que la composition sociologique des habitants l'est aussi. La ville de Bobigny[3] possède une population jeune aux revenus modestes, avec une majorité d'ouvriers et d'employés, et un prédominance de l'habitat HLM et d'immeubles collectifs.

De même que Bobigny, Pantin est une banlieue populaire, majoritairement peuplée d’ouvriers et d’employés[4]. Une des plus grandes communes de la Seine St Denis, elle présente une population plus vieille et plus mélangée que Bobigny en termes de catégories socioprofessionnelles, mais reste quand même assez proche, dans la moyenne du département[5].

Le 19ème arrondissement[6] est un des arrondissements les plus peuplés de la capitale, présentant une population jeune, des foyers à bas revenus, un fort taux de chômage et un parc de logement social très important[7]. Néanmoins, la rénovation du quartier de la Villette a petit à petit attiré des catégories socioprofessionnelles plus élevées.

Enfin, même si le 10ème arrondissement reste un quartier populaire et abritant une population aux revenus modestes, il comporte peu de logements sociaux et a connu un phénomène de gentrification[8]. Il a longtemps été perçu comme un lieu ouvrier et peu attractif. Dans les années 80, une mutation socio-économique s’est opérée et le canal est devenu un lieu très prisé des parisiens et des touristes, que ce soit pour y habiter comme pour s’y promener. On note d’ailleurs une hausse de la population depuis cette époque. Pour l'INSEE, cette augmentation s'explique à la fois par l'augmentation de la taille moyenne des ménages (2,15 personnes par foyer) et celle de l'offre de logements dans l'arrondissement. La part la plus élevée de la population est celle des 20-39 ans. En quelques années les alentours du canal se sont très vite embourgeoisés, avec l’arrivée d’une population plus riche et d’une nouvelle génération d’artistes transformant les anciens lofts d’artisans en résidence de luxe.

Lise Bénard, Clémentine Cassard, Gaëlle Hermant

 

 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:12

Vous pensiez que le Grand Paris était l’apanage de Nicolas Sarkozy… Perdu ! La question des relations et des solidarités entre Paris et sa banlieue apparaît tout début 20ème avec la notion de Paris-métropole. En 1911, est créée la commission d’extension de Paris, en 1928, le comité supérieur d’aménagement et d’organisation de la région parisienne. Passant les réformes consécutives des institutions, se succèdent ensuite plusieurs formes d’organisation pour arriver à l’expression « Grand Paris » au début des années 2000. (www.mouvements.info). Mais c’est à l’occasion de l’inauguration de la Cité de l’architecture & du patrimoine, le 17 septembre 2007, que Nicolas Sarkozy remet l’expression au gout du jour, en exprimant le souhait qu’un « nouveau projet d’aménagement global du grand Paris » puisse faire l’objet d’une consultation internationale et mobiliser les compétences professionnelles d’une dizaine d’agences d’architecture et d’urbanisme.

Lancée au début de l’année 2008, cette consultation a été placée sous l’autorité d’un comité de pilotage composé de l’État, de la Ville de Paris, de la Région Île-de-France et de l’Association des maires d’Île-de-France, assisté d’un comité scientifique réunissant 23 personnalités qualifiées autour de l’architecte Paul Chemetov et du géographe Michel Lussault. La coordination générale de la consultation a été confiée par le président de la République au ministère de la Culture et de la Communication.

Depuis le mois de juin 2008, chaque équipe a travaillé à la réalisation des deux chantiers de la consultation: « la métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto » et « le diagnostic prospectif de l’agglomération parisienne ». Les résultats de cette consultation sont exposés jusqu’au 22 novembre à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Un aperçu des projets est consultable ici: http://www.lemonde.fr/planete/portfolio/2009/02/20/dix-projets-pour-le-grand-paris_1158391_3244.html (www.citechaillot.fr)

Le projet de loi, destiné à créer un réseau de transport autour de Paris, a été adopté le 7 octobre 2009 en Conseil des ministres. Il a pour unique objet de définir les modalités de réalisation du schéma de transport dit “en double boucle” (image ici: http://www.lefigaro.fr/assets/images/grand-paris.jpg) qui prendra la forme d'un métro automatique à grande vitesse de 130 kilomètres. Cette infrastructure pourrait voir le jour d'ici à 2023 et coûtera 35 milliards d’Euros.

Tout reposera sur un établissement public baptisé « Société du Grand Paris » qui « a pour mission principale de concevoir et d'élaborer » le schéma de transport et « d'en assurer la réalisation ». Cet établissement sera dirigé par un directoire de trois personnes contrôlées par un conseil de surveillance, « constitué de représentants de l'État, de la région et des départements d'Ile-de-France ». Les représentants de l'État seront majoritaires. (www.lefigaro.fr - 07/10/09)

C’est notamment pour cette raison que le projet du Grand Paris pose question aux habitants de l’Île de France autant qu’à ses élus. Nombreux sont les journalistes qui estiment que ce projet est un moyen de contourner le pouvoir du Parti Socialiste (en place à la mairie de Paris et au Conseil Régional de l’IDF) pour implanter une vision urbanistique présidentielle. Ce projet phagocyte l’autorité des collectivités locales et court-circuite l’association Paris Métropole. Initié en 2007, cette association réunit plus de 1300 communes du bassin parisien dans le but de créer une intercommunalité dynamique et réactive quand aux questions des transports, de l’habitat et de l’économie. Le texte présenté mercredi 7 octobre 2009 a provoqué la vive réaction des élus franciliens qui réclament l'approbation du schéma directeur régional (SDRIF) (http://www.sdrif.com/fr/les-enjeux-dun-territoire-dexception/quest-ce-que-le-sdrif/) qui verrait la Région et les départements en charge de l’exécution d’un grand plan de restructuration des transports en commun. L’Etat et le Président tentent un passage en force pour rendre caduc les projets toujours au stade d’ébauche de Paris Métropole et du SDRIF.

Mais si la querelle entre Matignon et Christian Blanc, Secrétaire d’Etat Chargé du Développement de la Région Capitale, auprès du Premier Ministre, a vite été étouffée, les élus de gauche, le président de la région IDF Jean-Paul Huchon en tête, continuent de médiatiser leur désaccord. En effet, quand M. Fillon déclare qu’il a « la volonté de faire le Grand Paris non pas contre les collectivités locales mais avec elles », M. Huchon conspue le projet présidentiel qu’il qualifie de « grand rêve ringard et archaïque » ou bien encore de « vision napoléonienne de l'urbanisme ». Cette querelle entre l’Etat et la Région confirme que les communes comme Bobigny ou Pantin n’ont pas encore eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet. Si le Parti Communiste, au pouvoir à Bobigny, félicite le projet de réinvestir la banlieue, il déplore totalement que le logement social et l’égalité des chances ne soient pas au cœur du projet. La ville de Bobigny a intégré cette année Paris Métropole, sera-t-elle consultée pour ce Grand Pari(s) ?

Marina Bourdais, Anne Métrard et Victor Leclère

Plus d’informations sur le site officiel : http://www.legrandparis.culture.gouv.fr/

Autres sources : 

Grand Paris : l'Etat veut passer outre les collectivités locales LEMONDE.FR avec AFP | 05.10.09 | 17h35  •  Mis à jour le 05.10.09 | 17h48

Grand paris Le difficile accouchement du projet du Grand Paris LE MONDE | 06.10.09 | 14h26  •  Mis à jour le 06.10.09 | 14h26

Béatrice Jérôme, L’huma, Société -  Article paru, le 2 septembre 2009 Grand Paris, l’État dirigiste fait un retour en force

citation Huchon :  Grand Paris jean-Paul Huchon sort de ses gonds Par Jacques Trentesaux, publié le 06/10/2009 18:42 - mis à jour le 06/10/2009 18:45


 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:09

Rappel des faits
 Depuis la fermeture du centre de Sangatte à Calais en 2003, les exilés Afghans viennent à Paris à la recherche de passeurs vers l’Angleterre et élisent domicile aux abords des quais du canal Saint Martin dans le 10ème arrondissement de Paris. D’abord installés dans un campement de fortune sur les quais même du canal (jusqu’à leur évacuation en 2007) ils se sont ensuite installés dans le plus grand espace vert de l’arrondissement : le Square Villemin.

 

De drames en drames

La journaliste Catherine Coroller de Libération a visité le square Villemin avant l’expulsion de 2009, dans le parc « le terrain de basket fait office de dortoir, le kiosque à musique et les balcons des immeubles qui ceinturent le jardin, d’abris contre la pluie ». Sécurité des populations et des usagers du parc, hygiène et salubrité, l’occupation était devenue de plus en plus problématique. En effet, les conditions de vie des migrants se sont empirées du fait de l’arrivée de plus en plus d’exilés. De plus, pour ne pas transformer le square en nouveau Sangatte, rien n’a été fait pour améliorer l’accueil et le confort. Par ailleurs, la réaction des riverains et de la police s’est faite de plus en plus violente. Malgré le soutien de divers associations (dont France Terre d’Accueil (FTA) et le Collectif de soutien des exilés du 10ème arrondissement de Paris), l’évacuation a été ordonnée.

L’élément déclencheur de cette intervention est l’agression d’un agent de la ville ainsi que l’assassinat d’un jeune Afghan de 26 ans en avril. Par action commune de la Ville de Paris et la Préfecture de Police de Paris,  l’évacuation du square a eu lieu dans la nuit du mardi 18 août 2009, dans le calme et sans arrestation.

Mineurs en danger

Le plus alarmant était la présence de nombreux mineurs parmi ces exilés, isolés et démunis. Un système dérogatoire leur permettant un hébergement de nuit dans un centre (à la base destiné à l’accueil de jour) d’hébergement a été mis en place à Paris depuis 2007. Malheureusement, il ne permet aucune prise en charge adaptée pour ces jeunes. Le comité du 10ème rappelle qu’« en attendant leur éventuelle prise charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, ceux qui veulent rester ne seront pas scolarisés, et la plupart passeront leur journée dans les rues ». Les associations estiment que les autorités bafouent la Charte du Droit des Enfants pour ne pas provoquer un appel d’air en aidant les mineurs Afghans.

Peu d’actions, beaucoup de vols-charters

Les élus locaux renvoient la responsabilité sur l’Etat alors que ce dernier envoie la police pour déloger, arrêter et expulser les exilés. Depuis l’hiver 2008, la Ville de Paris a créé vingt places supplémentaires d’accueil pour les exilés ainsi qu’un kiosque d’information pour les personnes exilées dans le 10ème. Ces mesures sont des actions dérisoires dans la mesure où le nombre des demandeurs d’asile afghans en Europe est passé de 9 500 en 2007 à 17 900 en 2008, dont plus de 3 000 passent à Paris. Le flux des populations en exil reste un problème majeur de l’Union Européenne. La raison de cette exclusions relève d’abord d’une volonté politique de les voir en premier lieu comme des étrangers, relevant du code de l’entrée et du séjour des étrangers, plutôt que comme des demandeurs d’asile en danger et donc devant être protégés. Ceci est confirmé par le fait que c’est sous l’égide du Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale qu’un groupe de travail a été constitué sur cette question.

A l’heure actuelle, une trentaine de jeunes hommes, dont des mineurs, sont établis sous le dernier pont du canal avant le bassin de la Villette, vers Stalingrad, à deux pas du square Villemin déjà oublié. L’idée avortée du Ministère de l’Immigration de faire des charters franco-britanniques vers l’Afghanistan est à nouveau d’actualité en date du 6 octobre 2009.
 

Victor Leclère


Sources

Catherine Coroller, Square Villemin, petit Kaboul parisien, Libé+, libé.com, mars 2009

Pascale Autran et Aurélien Pérol, Le square des Afghans évacué, Le Parisien, 19 août 2009

Oriane Raffin, Les réfugiés afghans évacués du square Villemin à Paris, 20 Minutes, 19 août 2009

Divers Communiqués du Collectif de soutien des exilés du 10e arrondissement de Paris, http://www.exiles10.org

Continuer la réflexion …

« Lever les barrières, migration et développement humain », PNUD, septembre 2009, http://hdr.undp.org/fr/ 

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:03

« Seront appelés Enfants de Don Quichotte tous les hommes et femmes décidés à se mettre en danger pour combattre l’injustice sociale et restaurer la dignité des personnes, décidés à se mettre en danger pour promouvoir une société fraternelle et faire entendre la voix de ceux qui n’en n’ont plus » (1).

Telles sont les intentions d’Augustin Legrand, Pascal Oumakhlouf, et Ronan Denécé, trois amis créateurs de l’association française « Les enfants de Don Quichotte » en 2006.

 

A travers des actions originales et percutantes, l’objectif de ce collectif est de rendre visible le travail des associations représentant ou venant en aide aux exclus et mal logés, d’interpeller les politiques et les médias et plus largement de sensibiliser les « bien-logés ».

Leur mouvement, citoyen et apolitique, entend défendre ainsi « les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution Française comme le droit à une vie descente et à des moyens convenables d’existence »(2). 

 

Le Canal St Martin : terrain d’actions en faveur des sans-abris

 

A quatre mois des élections présidentielles de 2007, l’association installe un village de quelques 200 tentes sur les berges du Canal St Martin, à Paris. Cette initiative audacieuse et novatrice a pour but de mobiliser les sans-logis et les bien-logés autour de l’idée d’un « camping solidaire ».

A partir du 2 Janvier, d’autres campements se forment en France, comme Nantes, Lilles, Grenoble, Toulouse et Bordeaux. L’association crée également un site sur laquelle elle met en ligne un document officiel : la charte du Canal St Martin. Ses membres y réclament l’ouverture des structures d’hébergement 24h/24h et 365 jours par an, la création « immédiate » d’une offre de logements temporaires, la création de « plus de logements sociaux », de « centres d’accompagnement et de stabilisation », le développement de « formes alternatives de l’habitat ».

En reconnaissant les principes de cette charte le gouvernement annonce un projet de loi sur le droit au logement opposable (DALO)(4). Cette loi est critiquée notamment par les organisateurs des Enfants de Don Quichotte et certaines personnalités du milieu associatif qui lui reprochent entre autres de ne pas mettre en place d’outils favorisant la création ou la réquisition de logements, ni l’accompagnement social des bénéficiaires potentiels, et donc qu’elle ne contribuera que marginalement à réduire le nombre de personnes sans domicile fixe ou mal-logées.

 

Vers une mobilisation nationale

 

Christine Boutin se sensibilise pour le mouvement et s’engage pour le droit au logement et ainsi favorise ses rapports avec Augustin Legrand. Suite aux interventions des forces de l’ordre sur les bords de Seine, le premier ministre François Fillon annonce qu’il s’occupera personnellement de cette affaire. Il invite les associations concernées, comme les Enfants de Don Quichotte, autour d’une table ronde et engage une mission sur l’hébergement d’urgence et l’accès au logement des personnes sans-abris ou mal-logées. Ce rapport du 21 Septembre 2009 semble être jugé satisfaisant par celles-ci qui demandent la mise en œuvre de ces propositions.

Les associations ainsi mises en présence commencent à se fédérer en « collectif des associations unies » pour une nouvelle politique publique du logement de ces personnes.

Ensemble, ce collectif travaille à devenir une vraie force de proposition et un contre-pouvoir efficace en lien constant avec les pouvoirs publics.

Depuis son premier campement citoyen du canal Saint-Martin, durant l’hiver 2006/2007, l’association a parcouru la France pour des projections/débats du film « Enfant de Don Quichotte – Acte 1 ». Ils ont participé, et participent encore, à des discussions avec le gouvernement pour tenter d’améliorer la situation.

______________________________________________________________________________

(1)http://www.actualitesolidarite.com/reportage/assos/enfantsdonquichotte/enfantsdonquichotte.htm

(2) http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/

(3) http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F18005.xhtml

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Enfants_de_Don_Quichotte

http://www.liberation.fr/societe/0101567641-les-enfants-de-don-quichotte-evacues-par-la-police

http://www.ladepeche.fr/article/2009/09/22/677774-Les-Enfants-de-Don-Quichotte-trouvent-un-appui-au-gouvernement.html 

Emmanuelle Jolivet

 


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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:01

Sous les ponts, dans des interstices ou près d’une voie ferrée, le canal de l’Ourcq héberge sur ses rives, comme son conjoint le canal Saint Martin, des migrants résidant dans des campements de fortune. D’Aubervilliers jusqu’à Drancy, ce sont majoritairement des Roms qui survivent par centaines, quasiment à l’abri des regards.

En 2009, la préfecture de la Seine-Saint-Denis recensait 46 camps, ce qui représenterait 2 300 personnes (article sur LeParisien.fr), mais certains élus évoquent un chiffre jusqu’à 3 000 Roms. Des habitants non désirés et auxquels les expulsions sont souvent l’actualité.

En mars 2009, une opération policière a eu lieu à Bobigny (article du Parisien.fr). Une autre expulsion serait programmée pour un camp installé le long du canal de l’Ourcq (article de Widad Kefti). Le maire de Bondy, Gilbert Roger souligne la situation particulière de ce campement, près du parc de la Bergère, qui est à Bobigny, mais installé sur « des terrains de la ville de Paris ».

Alexandre Le Cleve, directeur de Hors la rue, parle d’une « patate chaude » que chaque ville tente de se repasser pour éviter de gérer le problème (sur cette page du site de Rue89). L’article de Rue89 révèle aussi qu’une expulsion coûte chère : 20 000 euros, selon le Sénat, soit une somme qui s’élèverait à 600 millions d’euros, ces trois dernières années.

Des points d’eau potable (comme dans la parc de la Bergère) contribuent à la survie de ces hommes, ces femmes et ces enfants. Beaucoup d’enfants vivent dans ces camps, comme cette jeune fille de 13 ans, Rosa, qui est arrivée en France depuis 5 ans avec son petit frère. Elle s’exprime difficilement en français, comme la plupart des enfants du camp même si certains sont scolarisés.

Leur condition de vie est insalubre. Au milieu des déchets, les incidents arrivent fréquemment. En mai 2009, un incendie éclate dans entrepôt désaffecté, à côté duquel il y avait un camp. Un enfant de 7 ans est retrouvé mort (événement relaté ici). Les associations de défense des Roms pensent à une expulsion déguisée alors que Catherine Page, maire de Bobigny, commente l’accident en une « incitation ferme à quitter les lieux » (20minutes.fr) car « cela ne pouvait que mal finir » (lepost.fr). Catherine Lepage réclamait en juin dernier une table ronde à l’Etat.

Ces Roms furent relogés dans un gymnase, une action dénoncée là encore par la presse (article de Dawa Bobigny).

A Aubervilliers, même atmosphère, même ignorance. Le reportage d’Eric Garault intitulé « Bidonville/Seine », illustre ces conditions de misère avec une série de photos, toujours le long du canal de l’Ourcq.

D’autres populations campent dans le long du canal. Un témoignage de migrants venus d’Afghanistan raconte son périple jusqu’en Seine-Saint-Denis (page sur le site de France-terre-asile.org). Un témoignage comme celui de Viviane pour qui « l’espoir de vie est ici, en France », comme tous ces migrants.

Lucie Piard

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